Newsletter
Février 2021

Recentrons-nous sur l’humain pour un meilleur demain !

Bienvenue dans la seconde édition de la newsletter de l'@lumnIST, la communauté des diplômé•e•s de l'Ecole des Sciences du Travail (UCLouvain).

Chaque mois, nous partageons avec vous une synthèse de notre actualité mais aussi de la vôtre. Nous alimenterons également votre réflexion par des analyses, points de vue ou articles pour vous donner envie et vous aider à être des acteurs engagés dans la transformation du travail.
 
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L'édito

 
 
Au delà de la culture du présentiel !
 
 
Jean-Luc Laurent
Président @lumnIST

Au cours de ces derniers mois, le numérique a profondément bouleversé notre environnement de travail. Il nous a obligé à adopter, improviser souvent, de nouveaux modes de fonctionnement, dont le télétravail. Mais ces pratiques se sont imposées à la plupart d’entre-nous plus qu’elles n’ont fait l’objet d’un consensus, seul véritable moyen de les inscrire dans la durée.
 
Certaines entreprises pourtant sceptiques au départ se sont vite rendu compte que les affaires continuaient. Le service était assuré, même mieux parfois, tout en reposant sur des collaborateurs bloqués à leur domicile. Ce qui a aussi permis à ces derniers de revoir leur rapport au travail et, moyennant quelques précautions, de parvenir à un meilleur équilibre vie professionnelle / vie privée et pour certains à une meilleure flexibilité dans l’organisation de leur journée.
 
Mais force est de constater que certains vieux réflexes du « micro-management » ont résisté au passage vers le numérique, voire même ont été amplifié. Les multiples messages instantanés (et réponses tout aussi instantanées) ont succédé aux bons vieux mails, les soi-disant cafés digitaux du matin s’assurant que les collaborateurs ne font pas de grasse matinée, de même pour les apéros de fin d’après-midi où l’on se demande si leur seule utilité n’est pas d’empêcher certains de finir avant l’heure… La confiance, comme ingrédient indispensable au succès du télétravail, doit être promue plus encore au sein de nos organisations et devenir une priorité des programmes de formations en management.
 
En cette année 2021, nous avons une formidable opportunité de nous libérer de la culture du présentiel issue du fordisme du début du siècle dernier. De fait, notre économie ne nécessite plus, pour beaucoup d’entre-nous, d’être présents dans des locaux durant des plages horaires strictes sous le regard de superviseurs. Les organisations et individus peuvent aujourd’hui, plus que jamais, se libérer des règles spatio-temporelles du travail.
 
Nos pratiques organisationnelles, nos cultures managériales, nos législations du travail vont certes devoir évoluer. Mais nous avons une chance historique de quitter l’organisation du travail du 20ème siècle pour passer à celle du 21ème, basée sur la confiance plus que la surveillance, sur le résultat et la valeur-ajoutée plus que le temps ou le lieu.   
 
C’est à nous les décideurs, les managers, les responsables RH, les travailleurs et leurs représentants de faire bouger les lignes. Au-delà de la crise sanitaire actuelle, ne lâchons rien aux derniers soubresauts d’une culture organisationnelle d’un autre âge.

Retour sur nos dernières activités

HRJob#1 HR Business Analyst
Pour cette première vidéo concernant les métiers plus récents ou moins connus en GRH et sciences du travail, Margaux Cauvain nous éclaire sur son rôle de Business Analyst dans le domaine de la consultance en HRIS (HR Information Systems).
Career booster by @lumnIST

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Emploi et entraide sont les deux maîtres-mots de ce groupe LinkeIn. Entre les membres de notre communauté et avec les bientôt diplômés de l'EST, nous y partageons des opportunités d'emploi, mais aussi des conseils de carrière. 

Focus sur nos prochains évènements

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Mardi 2 mars
 
Booster son profil et sa visibilité
sur LinkedIn avec Amelie Alleman

Mardi 9 mars
 
Se démarquer grâce à son CV
avec Déborah de Cannière

Mardi 16 mars
 
Réussir son entretien d’embauche
avec Barbara Van Drooghenbroeck

Mardi 23 mars
 
Mieux appréhender les tests et assessments
avec Jean-Luc Laurent

Mardi 30 mars 
 
Réussir son intégration en période Covid
avec  Jean-Luc Laurent

Carte blanche

La confiance
et le numérique :

quels impacts
et pour quel futur ?
 
Camilla

Camilla
Scola

Nathalie Fourmentraux

Mark Hunyadi, Professeur de philosophie et morale à l’UCLouvain et, titulaire du cours de philosophie du travail à l’Ecole des Sciences du Travail, vient de publier un livre sur la confiance.
 
« Au début est la confiance » aborde dans un premier temps la manière dont la confiance a été traitée dans les courants philosophiques.  Malgré les différences qui se reflètent chez les grands auteurs, ceux-ci sont tous d’accord pour affirmer que la société dans son ensemble repose sur la confiance. Or, aucun d’entre eux n’a jamais défini de théorie de la confiance. Partant de ce constat, Mark Hunyadi a cherché à unifier les idées et élaborer une théorie de la confiance. À travers un cheminement dense, l’auteur nous amène à comprendre que la confiance est intrinsèque à toute action et à toute relation. Elle est à la base de nos interactions sociales et de notre rapport au monde.

Ce livre exprime la relation que nous entretenons avec le numérique et qui s’est amplifiée lors de la crise actuelle. Cet ouvrage, se définissant comme une théorie critique de la société,  se penche sur cette dernière et sur la présence du numérique en mettant en évidence que la technique se substitue à la relation. L’auteur nous explique que ce qui est attendu de nous est de plus en plus déterminé par des machines. Du point de vue de la confiance, le numérique est devenu le plus grand prescripteur des attentes de notre civilisation. Notre relation au monde s'est donc appauvrie à cause de cette relation à la technique. Cela représente, selon lui, un impact anthropologique majeur.

L’auteur pose la question de l’impact du numérique sur la confiance. Il développe trois thèses qui, prises ensemble, engendrent un automatisme de l’esprit. En premier lieu, le numérique nous permet de satisfaire nos désirs les plus profonds. Nous sommes dans une logique de l’assurance et non plus de la confiance. En second lieu, le numérique tend à éviter d’avoir recours à la confiance. En effet, selon lui, les mécanismes naturels de la confiance sont contournés par le numérique et la nouvelle relation technique entretenue avec le monde :  il y a donc une baisse tendancielle de la confiance. Il n’y a pas moins de confiance mais nous en avons de moins en moins besoin. Il y a donc un report de la confiance. Finalement, le numérique tend à mettre notre société en mode « pilotage automatique », c’est-à-dire que nos actions sont dictées par des machines anonymes. Dans cette optique, « nous nous trouvons dans ce qu'il appelle "une liberté de supermarché", ce qui signifie que nos actions ne sont plus que des réponses à une offre. C’est donc le système qui oriente nos actions.

Ce livre nous permet donc de comprendre et de redéfinir notre rapport au monde : nous sommes guidés par la confiance, mais il semble que le numérique puisse bouleverser nos interactions sociales et notre manière d’interagir. 

Membre à l'honneur

Je m’appelle Marie, j’ai 29 ans et je suis une ancienne de la promotion 2014 en Gestion des Ressources Humaines. À l’époque, c’était encore « Institut » et pas encore « Ecole » des Sciences du Travail.  Je me suis orientée vers ce master après un bac en information et communication aux Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix, à Namur. J’adorais ces études mais j’avais envie d’étendre mes compétences dans un domaine davantage lié à l’entreprise, et d’avoir cette casquette en plus. Même si, à l’époque, je ne savais franchement pas du tout ce que je voulais faire après.
 
Durant ce master, je crois que mes cours préférés ont été ceux de psychologie et de droit ; c’est à se demander ce que je faisais dans une filière de type « gestion ». Mais l’ensemble de ce master faisait sens et ça a surtout été l’occasion de très belles rencontres dont celle de Michel Ajzen, ancien président (et fondateur) de l’AlumnIST, devenu collègue et puis ami. Mais je m’égare… Après ce master, j’ai eu la chance de rentrer dans le parcours doctoral de l’UCLouvain et de faire un doctorat en sciences économiques et de gestion. Chercheuse au sein de la Chaire laboRH, j’ai travaillé sur énormément de sujets en lien avec la gestion des ressources humaines et ce, avec la meilleure équipe d’académiques et de chercheurs et chercheuses qu’on peut espérer. C’est d’ailleurs au cours de ces quatre années additionnelles à l’UCL que j’ai rejoint l’AlumnIST comme responsable de la communication. J’ai connu le moment où l’association n’était pas encore asbl, la première assemblée générale, les premières grandes conférences, etc. Désormais, depuis quelques mois, j’ai laissé ma place à de nouvelles têtes qui gèrent tout cela d’une main de maître.
 
Revenons à nos moutons… Dernier diplôme en poche en 2018, a priori il n’y en aurait pas d’autre. Pas de pari sur l’avenir – qui est encore long, je l’espère – la piqûre des études peut revenir. Bref, de l’envie de devenir journaliste, je me retrouve désormais avec un profil de recherche. À y réfléchir, ce n’est pas forcément éloigné… Après quelques mois passés à l’Université de Liège, j’ai décidé de quitter le monde académique ou, du moins, de diversifier mes horizons. Je savais que j’aimais la recherche, le monde du travail (tant l’étudier que le vivre), et que je voulais travailler sur des enjeux de société. J’avais déjà plus d’infos sur mes envies que lors de mon entrée à l’université.

Depuis bientôt 2 ans, je suis donc consultante senior chez IDEA Consult, un bureau de conseil indépendant spécialisé en politiques publiques. Là, j’étudie, évalue et développe des politiques publiques, en particulier en matière d’emploi, pour des interlocuteurs aux niveaux fédéral ou régional, et parfois européen. C’est parfait pour moi : je travaille, au quotidien, sur des enjeux du marché du travail actuels et ce, en mobilisant des méthodes de recherche tant quantitatives que qualitatives et je participe, de près ou de loin selon les projets, à l’amélioration du marché du travail, soit en le comprenant mieux, soit en formulant des recommandations basées sur des données.
 
Cela dit, je n’ai pas totalement quitté l’université. Depuis 2018, je suis professeure invitée à la Louvain School of Management et en facultés de sciences économies, sociales, politiques et de communication où j’enseigne désormais… au sein du programme de l’EST. La boucle est bouclée.

Si je devais résumer : l’UCLouvain et l’EST, on sait quand on y rentre mais vraisemblablement pas quand on les quitte. L’avenir est donc plein de surprises, de projets à développer, de rencontres à faire et, en ce qui me concerne, j’ai peu de plans professionnels – aussi impopulaire que ce propos peut être. Pas de stratégie, pas de KPI si ce n’est celui de considérer naturellement que le travail fait partie de ma vie, n’est pas « une facette à part » et n’empiète pas sur le reste puisqu’il s’y mêle au quotidien sans trop de frictions. C’est ça mon expérience et ma vision du travail (en tous cas celle que je cultive) : pas une menace à ma liberté et à mon « vrai moi », pas non plus un lieu sacralisé où tout s’aseptise mais plutôt une occasion et un lieu en plus où je m’exprime, je me développe, je vis des expériences et j’apprends, parfois sur un sujet, parfois sur un client, souvent sur moi et puis généralement entourée de superbes personnes.

Jusqu’à présent, rester ouverte aux possibles a été une plutôt bonne stratégie alors je continue sur cette lancée. Pour le reste, je me garderai de partager des recettes ou de donner des leçons. Et je me contenterai de vous souhaiter d’écrire ou de parler de votre vie professionnelle avec autant d’enthousiasme que je l’ai fait ici.

A bientôt, 
Marie Antoine

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